Je vous partage l'interview de Déborah Charbit, aka Déboh, manitou du web Blanchet et globe-trotteuse qui aime la shoes mais aussi l'amour et les burgers de Robin.

C'est après avoir réalisé un tour du monde en deltaplane, et sans escale, que la jeune Déborah Charbit, ancienne Miss Dijon, et détentrice d'un MBA en connaissance de soi à l'Université d'Ivry-City, décida de venir poser ses malles Vuitton et sa science-politiquement incorrecte chez Patricia Blanchet. Je profite de son anniversaire pour interroger celle qui met du peps sur le web pour vous mettre du baume au coeur.

 
Patrick Bateman: Déborah bonjour, on dit souvent de vous que vous êtes le Marsupilami dijonnais. Comment expliquez-vous cet attachement si particulier que les bourguignons vous portent ?

Déborah Charbit: Ayant eu beaucoup de facilité lors de ma scolarité, et même dès la maternité, j'ai passé beaucoup de temps à faire l'école buissonnière au nez et à la barbe de mes parents.


Patrick Bateman: Comment avez-vous réussi à sauter successivement toutes les classes du collège ? 

Déborah Charbit: Ma mère était prof d'allemand. Et comme elle m'avait à la bonne, elle gonflait mes notes et menaçait les autres profs de ne pas les inviter à l'apéro le week-end chez elle, s'ils ne faisaient pas de même. Du coup easy pour moi de faire des sauts de cabri.

Patrick Bateman: Quel genre de vie amoureuse avez-vous eu adolescente ?

Déborah Charbit: Plutôt agréable. J'étais belle gosse, j'enchainais les mecs populaires du lycée. Et s'ils voulaient pas, ma mère les faisait virer. Mais je vous rassure, cela n'est jamais arrivé. J'assurais suffisamment avec ma coupe Raiponce et mes yeux Mérida. Et comme je n'aimais pas trop m'attacher, plutôt faire la fête, fumer, et réviser, eh bien je n'ai jamais souffert d'histoires de coeur.

Patrick Bateman: D'où vous vient cette incroyable réputation de meilleure faiseuse de Montecaos ?

Déborah Charbit: Oh c'est bien simple, je tiens ça de mon arrière-grand-mère maternelle. J'étais allée la voir avant qu'elle ne nous quitte. J'y étais allée seule car j'étais sa préférée et c'est avec moi qu'elle voulait s'entretenir avant son voyage sans retour. Elle n'avait plus trop la force de parler. Mais elle eut le temps de me dire qu'elle m'aimait et de me glisser un mot dans la main en me disant de n'en parler à personne. Puis elle s'endormit. J'eus toutes les peines du monde pour comprendre ce qui y était inscrit. Avant de me résoudre de monter à Paris et de le faire déchiffrer par le Grand Rabbin qui était le seul en France à connaître cette ancienne langue juive. 
Patrick Bateman: Et alors ? 

Déborah Charbit: Bah alors ma première réaction fut d'être dégoûtée... je pensais que cela indiquerait le chemin vers un trésor enfoui sous la Mer Morte. Que nenni. En fait il s'agissait d'une recette à base de farine, de sucre.... un truc complètement con. Je me mis à pleurer croyant que ce vieux papelard m'ouvrirait les portes de Monte-Carlo ou de Monaco.

Patrick Bateman: Mais n'est-ce pas la même chose ?

Déborah Charbit: Vous voulez ma main dans la face ? Nan je plaisante, restez assis. Donc, le Rabbin m'a ordonné de sécher mes larmes et de réfléchir posément à ce que se trouvait sur ce papier et qu'il y figurait quelque chose de bien plus important que je ne le croyais. Alors qu'est ce que j'ai fait ? J'ai pris mon temps et je suis rentrée à Dijon à pied en ne quittant pas cette recette des yeux. Arrivée à Beaune, je me suis posée dans une cave, la bouche sous un tonneau et pour noyer mon chagrin, j'ai ouvert les vannes. C'est une fois vidé que la lumière apparut grâce à celle émise par la mèche de la bougie qui dévoila ce petit supplément de recette, et écrit en français, ce qui changeait complètement la donne.
Patrick Bateman: Et vous avez fait quoi ?

Déborah Charbit: Bah justement j'y viens. Je me suis enfermée dans le garage de mes parents à faire, parfaire la recette. Et le jour du premier anniversaire de sa disparition j'avais enfin trouvé la formule miracle. La recette parfaite. Quand cela fut fait, je déposai un baiser sur le front de mes parents direction Londres, la City. J'y ai loué une chambre en sous-sol, attenante à un restaurant chinois qui me prêtait sa cuisine pour que j'y confectionne mes montécaos. Les débuts furent timides mais au bout d'une semaine, tous les courtiers affluèrent pour me dévaliser. Le bouche à oreille fut immédiat et mon succès retentissant. MTV fit des reportages sur moi, le Financial Time, Paris Match, Paris Boum-Boum. Et puis, le deuxième anniversaire de la disparition de mon arrière-grand-mère, elle m'apparut dans un rêve en me disant qu'il fallait arrêter la production des pâtisseries car elles n'avaient pas vocation à faire ma fortune, mais à procurer du bonheur gustatif aux gens. Prenant très au sérieux ce rêve prémonitoire, je démontai mon stand le lendemain et quittai Londres avec un joli petit matelas de Livres Sterling et l'envie de bouffer le monde. 
Patrick Bateman: Et c'est là que vous faites votre tour du monde en deltaplane ?

Déborah Charbit: Avant cela je vis une passion dévorante avec le créateur de Meetic qui me fit miroiter monts et merveilles. Mais je découvris vite qu'il en avait après mes montécaos et qu'il voulait les diffuser via un site internet, en partenariat avec son BFF Ricard Virenque, en agrémentant ma recette de molécules énergisantes. Là je dis stop et effectivement je me construis une aile volante représentant le visage de mon arrière grand-mère afin qu'elle m'accompagne lors de mes voyages les plus tendus. Sans elle, pas certaine que j'aurais pu traverser les 40èmes Rugissants. Bref je termine mon voyage et je pose mes valises à Paris, les yeux pleins, le coeur rempli. Et alors que je surfe sur le web, je découvre une annonce d'une marque de chaussures qui cherche une personne pour s'occuper du web. Je regarde le site en place, je kiffe les modèles, comment sont gérés les réseaux. Alors qu'est ce que je fais, j'applique et je me pointe rue Beaurepaire où ils ont leurs bureaux. Et là je découvre une queue de cent-cinquante mètres. Et dans cette queue des prétendantes et des prétendants high level.
Patrick Bateman: Ah bon ? Mais comme qui ?
Déborah Charbit: Vous voyez Greg le Millionnaire ? Bah lui par exemple.  Et puis il y avait aussi Pépita de Pyramide, Patrick Devedjian aussi qui souhaitait se reconvertir à l'époque, PIerre Bergé, Olivia Bonami. Y avait du beau linge, vous pouvez me croire. Alors pour mettre toutes les chances de mon côté, et puisque la file d'attente était tellement longue, je suis retournée chez moi et j'ai fait une dizaine de montécaos que j'ai ramenés pour mon entretien. Eh bien croyez-le ou non mais j'ai même pas eu besoin de les dégainer, le courant est passé direct entre moi les Blanchet. Le fait que nous ayons des racines algériennes communes a peut-être joué, je ne sais pas mais depuis ça se kiffe de ouf.
Patrick Bateman: Et sinon ?

Déborah Charbit: Bah sinon avant-hier soir j'ai bu du vin nature pour mon anniversaire, et j'ai mangé des mini-burgers et ensuite ... bip et encore ... bip ... et vous ?

Patrick Bateman: Vous m'avez donné soif.


*Interview réalisée par Patrick Bateman pour Nous Deux Magazine.