Tous mes modèles ont une histoire et leur nom, une signification.
Bottine zippée nubuck façon python champagne Gigi Patricia Blanchet
Très peu de gens le savent mais la chanson Gigi chantée par Dalida fut inspirée par une histoire de ma mère qui, dans les années soixante-dix, alors qu'elle s'était séparée de mon père, vivait de petits métiers dans le sud de la France, à Cannes, ville des caniches et des chouchous. A l'époque, elle dut, pour survivre, s'improviser nail artiste, coiffeuse, et diseuse de bonnes aventures. Elle partageait la loge d'une gardienne, une vieille copine de pension, dans un beau manoir perché sur les hauteurs de la ville, connues sous le nom du quartier de la Californie.
Tous les jours, elle partait dans les rues de la ville avec sa mallette remplie de son matos. Elle faisait du porte à porte et puisqu'elle présentait bien, les gens acceptaient ses services qu'elle proposait gratuits au début, histoire de se faire la main et une clientèle. Si elle coiffait et posait de beaux ongles avec beaucoup d'aisance, elle était beaucoup plus hasardeuse lorsqu'il s'agissait de tirer les cartes et annoncer le futur. Mais puisqu'elle ne facturait jamais ce service, les gens n'y trouvaient rien à redire, jamais. Au milieu de tous ses clients, elle avait très peu de mecs, dont un, vieil homo allant sur ses soixante-dix ans, prénommé Gino et qui officiait comme chanteur à la boîte de nuit du casino du Palm Beach situé au bout de la croisette. Elle avait sympathisé avec lui et comme il vivait seul avec son chihuahua, il lui demandait de venir lui shampouiner les cheveux tous les deux jours, de surveiller à ce que sa couleur ne bouge jamais, ainsi que celle de son chien qu'il avait coloré en blond vénitien.
Même s'il sentait bien qu'elle ne communiquait ni avec les esprits, ni avec le futur ou avec quoi que ce soit, Gino aimait demander à ma mère si, un jour peut-être, la vie le réunirait à nouveau avec son amour de toujours, le sergent caporal Willer, GI américain noir, ayant participé au débarquement en Normandie et à ses premiers émois. Elle se rendait chez lui invariablement à quatorze heures quand le soleil tombait pile sur la baie vitrée de l'appartement, et qu'il était obligé de calmer l'ardeur des rayons en les masquant par ses épais doubles rideaux, plongeant la pièce dans une douce pénombre. Là il lui racontait comment ils s'étaient rencontrés, à Caen dans un club pour hommes clandestin, quelques temps après l'armistice et comment il s'étaient aimés intensément dans la luxure et les volutes d'opium. Mais rappelé au pays, car des membres de sa famille avaient été victimes du Ku Klux Klan, le caporal Willer laissa tomber son amant en pleine passion. Gino n'eut alors plus qu'une idée en tête, le rejoindre et tenter sa carrière à la manière d'un Maurice Chevalier pour gagner sa vie et entretenir son militaire.
Pourtant, tout ne fut pas si facile car en arrivant sur place, il découvrit un tout autre sergent Willer, marié à une femme, macho, qui jouait des muscles et qui fit mine de ne pas reconnaître l'amant dont il avait si souvent vu le dos durant ses va-et-vient. Histoire de ne pas entretenir de doute face à ses amis, à sa famille, il mit une sévère rouste à celui qui essayait de le prendre dans ses bras. Humilié et défiguré par la pluie de poings qui s'abattit sur lui, Gino emprunta le premier paquebot en direction de la France. Pourtant, après près de trente ans et une dernière entrevue calamiteuse, il était toujours persuadé que son sergent pensait encore à lui, frustré d'avoir dû vivre une vie morne d'hétéro, à se passer des plaisirs de la verge. Alors il demandait à ma mère de lui donner des nouvelles, de transmettre des messages subliminaux à base de magie blanche à son beau sergent noir.
Gino, qu'elle finit par appeler Gigi, était certainement son client préféré car elle avait beaucoup de tendresse pour cet être meurtri par l'amour mais toujours prêt à s'y replonger avec le premier venu. Elle ne divulguait jamais les histoires personnelles des uns aux autres mais lorsque Gigi mourut, elle en fut très triste, très chamboulée et elle n'en parla qu'à une seule personne, une autre cliente, qui vivait dans le manoir où ma mère partageait la loge avec son amie d'enfance. Cette autre cliente c'était Dalida. Elle cherchait depuis très longtemps une nouvelle histoire avec laquelle clore ses spectacles. L'histoire que lui conta ma mère la toucha beaucoup et elle lui demanda si en changeant quelques éléments, quelques détails, elle pouvait s'en servir comme trame pour sa nouvelle chanson de conclusion.
La suite vous la connaissez, une chanson que l'on a toutes fredonnée, sobres ou ivres, sur une plage, avec une coupe de mousseux tiède dans la main.
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