Il y a encore dix ans, quand quelqu’un disait qu’il allait mal dans sa tête, on lui proposait une tisane, un Doliprane et un week-end à Belle-île. Aujourd’hui, on découvre que le cerveau humain n’est pas un vieux grille-pain Moulinex mais une machine délicate qu’on nourrit depuis quinze ans avec des notifications, des angoisses, des comparaisons et des vidéos de golden retrievers qui font du paddle. Évidemment que ça finit par encrasser. Et pendant ce temps-là, Instagram continue de défiler comme un casino pour neurones épuisés. Des gens magnifiques à Bali dès 7h12 du matin. Des cuisines beiges sable dans des appartements immenses. Des couples qui ont l’air de sentir la fleur d’oranger même quand ils font leurs impôts. Le tout regardé depuis ses toilettes, avec un vieux tee-shirt taché de sauce tomate.
Forcément, le cerveau commence à vouloir vomir. Franchement, j’aimerais voir l’IRM d’un cerveau en train de scroller Instagram pendant qu’il compare sa vie à celle d’une influenceuse danoise de vingt-trois ans qui boit du matcha dans une cuisine plus grande que votre appartement. Je suis persuadée qu’il y aurait des alarmes rouges partout. Des petits techniciens en blouse blanche courant dans tous les sens en criant : “On perd le cortex préfrontal !” Le pire, c’est que personne n’est vraiment immunisé. Même les gens qui disent “moi les réseaux sociaux ne m’atteignent pas” ont passé quarante-cinq minutes hier soir à regarder le visage d’une inconnue avant/après acide hyaluronique.
Nous sommes tous devenus des hamsters émotionnels. Mais il y a aussi une bonne nouvelle dans cette grande fête du système nerveux. Les langues se délient enfin. On parle d’anxiété, de TDAH, de dépression, d’épuisement mental, de charge émotionnelle. Avant, on appelait ça “être chiant” ou “avoir un caractère compliqué”. Le progrès scientifique sert aussi à ça : arrêter de faire passer la souffrance pour un défaut de personnalité. Et puis entre nous, vivre aujourd’hui demande quand même une endurance psychologique absurde. Répondre à cinquante messages par jour. Sourire. Travailler. Être désirable. Productif. Hydratée. Flexible. Méditatif. Sexy. Zen pendant les grèves.
Élégante même chez Franprix. Il y a des moments où le cerveau mériterait simplement une couverture chauffante et une compote.
Alors chez Patricia Blanchet, on a décidé de défendre autre chose. Pas la perfection clinique des gens qui ont l’air générés par intelligence artificielle. Non. Nous, on aime les vraies femmes. Les brillantes. Les drôles. Les fatiguées magnifiques. Les excessives. Les bancales sublimes. Les chiantes à bout de nerfs. Celles qui dansent encore alors qu’elles ont eu une journée de merde. Celles qui mettent du vernis rouge pour aller acheter des rognons de veau.
Parce qu’au fond, le style n’a jamais servi à devenir parfaite. Le style sert à survivre à l’époque. À envoyer un doigt d’honneur au marasme ambiant. Une paire de chaussures ne soigne pas l’anxiété, évidemment. Mais elle peut parfois remettre un peu de cinéma dans une journée qui ressemblait à un ticket de caisse de chez Felix Potin. Donc aujourd’hui, on vous propose une chose très simple : décrochez un peu votre cerveau de la prise générale. Regardez moins les vies filtrées des autres. Regardez davantage la vôtre.
Elle est probablement plus drôle, plus touchante et plus punk que celle de n'importe quelle idiote qui prétend s'éclater dans un festival de musique électronique à Formentera. Et si jamais le monde vous fatigue trop, habillez-vous quand même comme si vous alliez croiser votre pire ex au coin de la rue( moi je n'ai connu que ça).
L’élégance reste une arme psychologique absolument sous-estimée. Prenez soin de votre tête. Et de vos pieds aussi. Et si vous ne savez pas comment vous y prendre, chargez-moi de cette mission. J'ai quelques idées pour vous.