Le 29 mai 2013, à Montpellier, deux hommes se sont mariés. Officiellement. Devant la République. Avec des alliances, des gens qui pleuraient, des gens qui grinçaient des dents, des gens qui parlaient de fin de civilisation comme si deux types en costume avaient soudain déclenché l’Apocalypse à coups de dragées et de pièce montée. La France venait d’offrir le mariage pour tous. Enfin. Le droit universel de s’aimer. Ou, soyons honnêtes, le droit universel de se compliquer la vie avec de la paperasse.
Parce qu’il faut quand même une sacrée foi en l’humanité pour regarder quelqu’un dans les yeux et lui dire : “Toi. Toi et tes névroses, tes culottes qui traînent, ton besoin de me faire des reproches à 23h48 alors que je veux juste regarder une série policière suédoise en mangeant du fromage de brebis. Je te choisis.” Et franchement ? C’est magnifique. Parce qu’au fond, le mariage pour tous n’était pas seulement une loi.
C’était une façon de dire : allez-y. Faites vos erreurs comme tout le monde. Aimez-vous avec excès. Passez-vous la corde au cou. Faites semblant de croire à l’éternité dans une époque où les gens ne terminent même plus leurs séries Netflix. Pendant des siècles, certains avaient le monopole du chaos sentimental homologué. Désormais tout le monde peut signer pour les insomnies, les compromis absurdes et les “tu dors ?” envoyés par coups de coude à 2h13 du matin.
L’égalité, la vraie. Alors en ce 29 mai, il faut célébrer tout ça. Les gens qui s’aiment. Les gens qui se quittent. Les gens qui se retrouvent alors qu’ils avaient juré que plus jamais on les y reprendrait. Les gens qui veulent encore croire qu’un cœur humain mérite qu’on prenne le risque de lui tendre les clés de son appartement et de ses fragilités mentales.
Et il faut surtout célébrer les gens qui traversent cette immense foire sentimentale avec autant d'aisance qu'un chef étoilé dans les cuisines d'un Hippopotamus. Donc vive le mariage pour tous, le divorce pour tous, les chaussures pour toutes, et la paix pour tous. Partout.