Le 2 juin 1953, Elizabeth II était sacrée reine d’Angleterre. Couronne sur la tête. Manteau de plusieurs kilos sur le dos. Carrosse doré. Trompettes. Archevêque en sueur. Toute une nation figée devant ses postes de télévision noir et blanc pour regarder une jeune femme de 27 ans devenir officiellement propriétaire d’un empire qui avait déjà colonisé la moitié de la planète et probablement quelques buffets d’hôtel. Un moment historique. Un moment de grâce. Un moment où des millions de Britanniques se sont dit : “Formidable. Nous allons désormais être gouvernés par quelqu’un qui parle à ses chiens mieux qu’à ses enfants.”
Il faut reconnaître une chose à Elizabeth : elle avait du maintien. Une capacité surnaturelle à traverser les décennies sans jamais perdre son calme. Les guerres, Thatcher, les Sex Pistols, Charles, Diana, Boris Johnson, les corgis, le Brexit, les tailleurs couleur Stabilo. La femme a survécu à tout. Même à l’existence publique du prince Andrew. Mais surtout : Elizabeth avait compris quelque chose d’essentiel. L'allure est une arme nucléaire de poche. Tu peux être au bord de l’effondrement politique, sentimental ou intestinal…
Si tu traverses la pièce avec suffisamment de style, les gens hésitent à te fondre dessus pour t'attaquer. Et c’est précisément là que Patricia Blanchet intervient. Parce qu’entre nous, la monarchie britannique sans les tenues, le bling bling et leurs histoires sordides… c’est juste le clan Bolloré en Burberry et qui boit le thé comme s'il s'agissait d'une 8.6. Le glamour est un camouflage. Une illusion raffinée destinée à faire oublier que tout le monde transpire sous les projecteurs. Comme la mode, finalement. Sauf que chez Patricia Blanchet, au moins, personne n’est obligé d’épouser son cousin pour préserver la dynastie.
Et puis regardons les choses en face : si Elizabeth avait porté des Patricia Blanchet, elle aurait probablement gardé un peu plus de vitesse jusqu’au bout. Imaginez-la débarquant à Balmoral avec les Vivi vernis rouge, regard glacial, sac à main anti-mascu au bras, pendant qu’un Premier ministre britannique bredouille devant elle comme un stagiaire chez Dior. Tiens d'ailleurs en parlant de Dior cela ne choque personne que Johnny Depp soit toujours et encore leur égérie ? Bon. mais sinon, ça, c’est une souveraine.
Parce qu’au fond, une belle paire de chaussures, c’est exactement comme une couronne : ça ne sert à rien dans l’absolu… mais ça change immédiatement la façon dont le monde vous regarde. Longue vie au printemps. Longue vie aux femmes qui avancent avec courage. Et longue vie à nos grolles capables de transformer une simple démarche en cérémonie de couronnement.